01.07.2010
actualités des diplômés de l'ensa
UN COUP DE DÉS JAMAIS N’ABOLIRA LE HASARD
Wave
DE SAMMY ENGRAMER
CE LIVRE D'ARTISTE EST TIRÉ À 500 EXEMPLAIRES
IL CONTIENT 32 PAGES
SON FORMAT EST DE 240 CM X 340 CM
SON POIDS EST DE 232 gr
L'OUVRAGE EST AGRAFÉ
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SI VOUS DÉSIREZ RECEVOIR CE LIVRE
CONFIRMEZ VOTRE COMMANDE À L'AIDE D'UN CHÈQUE
(À L'ORDRE DE L'ASSOCIATION TIC TAC TOC
et D'UN MONTANT de 12,47 €)
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GROUPE LAURA - 10, PLACE CHOISEUL - 37100 TOURS
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au 13 RUE CHAPON - 75003 PARIS - métro Arts et Métiers
LE 6 JUILLET 2010 DE 18H30 À 21H
MERCI PAR AVANCE
& À BIENTÔT
S.E.
P.S. : UN EXTRAIT DU TEXTE "ONDE ITALIQUE" DE JÉRÔME DUVIGNEAU
(écrit pour l'exposition "JAMAIS", Clichy-La-Garenne, Janvier 2010) :
"[…] A partir de l’enregistrement de sa voix lors d’une lecture du poème, Sammy Engramer extrait l’image graphique des ondes sonores et fait glisser cette image de la voix actualisée sur le corps de l’écriture mallarméenne. Les 26 planches de l’exposition reprennent la mise en page de la publication posthume de 1914 dans la Nouvelle Revue Française en respectant la diversité typographique et tout le jeu magistral des espacements et des blancs qui confèrent au texte de Mallarmé des niveaux de lecture différents. […] L’onde devient un type d’écriture particulier où la voix se défait du corps et de la pure présence. L’objet est silencieux, l’écoute est visuelle et c’est selon le voeu de Nietzsche qu’il nous faudra « ouïr avec les yeux » la voix venue se loger dans la sensibilité du trait, dans l’encre elle-même, dans le chuchotement secret d’une onde italique, vers son amuïssement. L’image du mot prononcé recouvre le signifiant de l’écriture alphabétique, le texte est brouillé par la trace de son énonciation devenue imprononçable. L’insistance se fait, à la lettre, sur la forme de l’énonciation puisque la nature de l’énoncé demeurera dissimulé derrière ce qui fait image. C’est l’activité elle-même qui est la forme, et sa demeure est le « dit », mais aussitôt dit cela s’estompe pour ne plus apparaître que comme la trace qui vient métamorphoser l’écriture. Cette étrange conversion consistant à produire des images et des volumes à partir d’un rapport non phonologique à la voix place le spectateur au centre d’un orphisme singulièrement silencieux, où le regard seul est verbalisé.
La trace graphique de la voix est une oralité muette dans laquelle chaque mot provoqué, au sens étymologique d’appeler devant, d’appeler dehors, est visible hors langage. Ceci n’est pas une voix, bien sûr, ceci n’a pas la présence d’une voix puisque c’est l’image graphique d’un événement sonore, de la lecture enregistrée du mot même, le « ça a été » d’une prononciation. L’onde n’est pas une voix au sens où elle est imprononçable, elle disjoint l’espace du poème le rendant toujours déjà prononcé. Si cette trace fait image c’est que dans la trace elle-même la voix est à l’oeuvre. Il n’y a pas d’image sans voix pour la dire.
L’oeuvre de Sammy Engramer choisit de questionner le champ de l’écriture mallarméenne à partir de ce qui fait image, elle se déploie conjointement en dialogue avec l’oeuvre de Marcel Broodthaers Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, Image, exposée en 1969 à Anvers. On pouvait voir lors de cette exposition une série de planches aluminium accrochée au mur, reproduisant la publication de 1914 dont le texte original était caviardé d’encre noire. Un exemplaire du livre publié de Broodthaers permettait par ailleurs d’en voir la mise en page. A cela enfin s’ajoutait la diffusion sonore d’un enregistrement de l’artiste lisant le poème. Broodthaers substitue le mot « Image » au mot « Poème » soulignant ainsi littéralement l’innovation « spatialiste » de Mallarmé et indiquant dans le même temps le devenir matériel de cet espace dans le champ des arts plastiques.
C’est en recouvrant le corps signifiant de l’écriture par les blocs signifiants de ce qui fait image que Marcel Broodthaers immobilise la fluctuation du jeu de la signification, envisageant l’oeuvre simultanément comme espace et comme lieu d’une performance de l’absence. Broodthaers affirmera de Mallarmé qu’il ouvre l’espace contemporain de l’oeuvre d’art et que cette ouverture, radicale et majeure, est une invention inconsciente, c’est-à -dire qu’elle est une ouverture où l’inconscient est à l’oeuvre comme force productrice de l’espace, en ce sens que l’écriture appelle à son propre débordement, son altérité, pour reprendre la formule de Jacques Rancière « il est celui qui engendre l’espace à partir des mots ». Ainsi l’oeuvre de Broodthaers donne à voir l’espace émancipé de son asservissement à la signification. Chez Broodthaers, le poème spatial de Mallarmé devient l’image plastique dans une opération singulière de suppression des jeux de la signification, les mots étant devenus illisibles et imprononçables.[…]"
JÉRÔME DUVIGNEAU - 2010.
