Galerie La BoxProgrammationProgrammation 2019-2020Galerie La BoxArchivesProgrammation 2018-2019ART WORKERS WON’T KISS ASS AND EAT FLOWERS:
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jeudi 04 avril 2019
samedi 04 mai 2019
jeudi 04 avril 2019 à 18:00
galerie La Box

14h-18h

En collaboration avec Ferenc Gróf, Andreas Maria Fohr et les étudiant.e.s de l’Ensa

ART WORKERS WON’T KISS ASS AND EAT FLOWERS:

une documentation sur les mobilisations des travailleur·euse·s de l’art

Exposition proposée par Frédéric Herbin

Une documentation sur les actions de ArtLeaks ; Art Workers’ Coalition ; Économie solidaire de l’art ;
Front des artistes plasticiens ; Global Ultra Luxury Faction ; Guerrilla Girls ; Haben und Brauchen ; Precarious Workers Brigade ; KURS ; Temporary Services ; Working Artists and a Greater Economy

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Les Petits Déjeuners de la Box > samedi 13 avril 2019 / 10h30
découvrir l'exposition et échanger avec le commissaire autour d'un café et d'un croissant

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En 1969, la création de l’Art Workers’ Coalition reposait sur la critique du fonctionnement d’un monde de l’art qui concentrait les pouvoirs dans les mains de quelques-uns au détriment des travailleur·euse·s qui en étaient à la base. Cinquante ans plus tard, cette critique reste plus que jamais d‘actualité alors que la liste des collectifs qui l’ont portée ne cesse de s’allonger. Au fil de cette histoire se dessinent des images plurielles de l’activisme à rebours des figures éculées du créateur individuel, détaché des conditions matérielles ou héros engagé. C’est aux contenus et aux formes de ces mobilisations que cette exposition s’intéresse.

La question économique y est évidemment centrale et celle de la rémunération régulièrement posée. Pendant les deux dernières décennies, plusieurs analyses des évolutions du capitalisme ont pourtant fait le « portrait de l’artiste » en champion de la flexibilité et du travail intermittent 1. Tandis que les ouvrier·ère·s luttent pour l’amélioration des conditions matérielles qui leurs sont imposées, la « critique artiste » réclamerait une autonomie et une liberté créatrices appelées à être généralisées dans tous les secteurs de la société 2. Ce partage strict des revendications politiques entre, d’une part, les demandes d’émancipation, d’extension des libertés individuelles et, d’autre part, celles qui touchent à l’amélioration des conditions matérielles collectives de vie et de travail, a contribué à maintenir dans l’ombre les luttes que nous avons choisi d’exposer. La question du travail dans le domaine artistique y apparaît davantage comme une plateforme où les différentes revendications se rejoignent. Outre les conditions matérielles directement ciblées, cette question ouvre largement sur les problématiques autant féministes que postcoloniales, en soulevant, depuis le début les problèmes des discriminations d’accès et de salaires ou, plus récemment, celui de la division internationale du travail. En mettant ainsi en cause l’ensemble des maillons de la chaîne de l’art, le militantisme de nombreux collectifs participe pleinement d’une histoire de la critique institutionnelle qui continue de s’écrire.

Entre la fin des années 1960 et aujourd’hui, les modes d’action documentés permettent de souligner des constantes, telles que le recours à la manifestation, la production d’images à portée immédiate ou l’édition de divers supports textuels pour interpeller et informer. Ils montrent également le renouvellement des moyens à l’heure des projections vidéo et des « e-blasts » diffusés sur la toile. Ce corpus de formes visuelles, dont le statut est parfois difficile à déterminer, interroge l’articulation entre art et militantisme. Le choix de l’action directe correspond mal à une conception et une histoire autorisées de l’activité artistique comme production de formes esthétiques légitimées par les acteurs du monde l’art. Ce choix implique souvent l’utilisation de matériaux peu coûteux, facilement transportables et rapidement diffusables. On observe dès lors comment les répertoires d’actions collectives se partagent aisément d’un champ de la contestation à un autre, bousculant l’idée que le domaine artistique pourrait être séparé.

Nous remercions l’ensemble des collectifs pour les documents qu’ils nous ont transmis ainsi que Setare Arashloo et The Illuminator.

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1 Pierre-Michel Menger, Portrait de l’artiste en travailleur. Métamorphoses du capitalisme, Paris, Editions du Seuil, La République des Idées, 2002.
2 Luc Boltanski, Eve Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Editions Gallimard, 1999.



english version


ART WORKERS WON’T KISS ASS AND EAT FLOWERS:
A documentation on the art workers’ mobilizations

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A documentation on the actions of ArtLeaks , Art Workers’ Coalition, Economie solidaire de l’art, Front des artistes plasticiens, Global Ultra Luxury Faction, Guerrilla Girls, Haben und Brauchen, Precarious Workers Brigade, KURS, Temporary Services Working Artists and a Greater Economy

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Les Petits Déjeuners de la Box > saturday, april 13th 2019 / 10:30 a.m
discover the exhibition and meet the curator, with breakfast

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In 1969, the creation of the Art Workers Coalition was based on the criticism of an art world which concentrated the powers in the hands of the few to the detriment of workers who formed its base. Fifty years later, this criticism remains more relevant than ever before, while the list of collectives that have taken it continues to grow. As this story unfolds, multiple images of the activism appear reversing the worn-out figures of the individual creator, detached from material conditions or committed heroes. The contents and forms of these mobilizations are the focus this exhibition.
The economic issue is obviously central and that of remuneration regularly asked. During the last two decades, several analyses of the evolution of capitalism have nevertheless made the portrait of the artist as champion of flexibility and intermittent work (1). While workers are struggling to improve the material conditions imposed on them, the artist critique would demand creative autonomy and freedom that would be widespread in all sectors of society (2). This strict sharing of political demands between, on the one hand, the demands for emancipation, the extension of individual liberties and, on the other hand, those which relate to the improvement of the material conditions of life and work, has helped to keep the struggles we chose to exhibit in the dark. In these struggles the question of work in the artistic field seems more like a platform where the different demands come together. In addition to the directly targeted material conditions, this question opens broadly on both feminist and postcolonial issues, raising, from the
beginning, the problems of access and wage discrimination or, more recently, that of the international division of labor. Thus by calling into question all the links in the art chain, the activism of many collectives is fully part of a history of institutional critique that continues to be written.
Between the end of the 1960s and today, the documented modes of action make it possible to emphasize constants, such as the use of protest occupations, the production of images with instantaneous impact or the edition of various textual supports to call attention and inform.
They also show the renewal of means at the time of video projections and e-blasts spread on the web. This corpus of visual forms, whose status is sometimes difficult to determine, questions the link between art and activism. The choice of direct action corresponds poorly to an authoritative conception and history of artistic activity as the production of aesthetic forms legitimized by the actors of the art world. This choice often involves the use of inexpensive materials, easily transportable and quickly spread. We observe thenceforth how the repertoires of collective actions are easily shared from one field of contestation to another, upsetting the idea that the artistic domain could be separated.
The bias to include a historical perspective in the exhibition supports these facts by inscribing the art workers’ mobilizations in the contexts that develop around the 1968 uprisings, then in the wake of the 2008 economic crisis. The imagined device is also an operational space from which information can be disseminated. The logic of the DIY Do it for yourself that feeds the forms created for the mobilizations is found here fully in the scenography and in the will to offer visitors a space to assemble its own fanzine from those collected.

We thank all the collectives for the documents they sent us and Setare Arashloo and The Illuminator.

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(1) Pierre-Michel Menger, Portrait de l’artiste en travailleur. Métamorphoses du capitalisme, Paris, Editions du Seuil, La République des Idées, 2002. In English see also Artists as workers: Theoretical and methodological challenges, Poetics, Volume 28, Issue 4, February 2001, p. 241-254.
(2) Luc Boltanski, Eve Chiapello, The New Spirit of Capitalism, London, New York, Verso, 2005.

 

RadioRadio

Une radio temporaire de création fabriquée par des étudiant(e)s de l’Ensa Bourges
en FM : 105.1 à Bourges
et sur le web

Atelier sonore d’esthétique

Créé en 2005, l’Atelier sonore d’esthétique, est un séminaire de recherche esthétique en création sonore expérimentale — site web

Arts et créations sonores

Post-diplôme en partenariat avec le Conservatoire de musique et de danse de Bourges — d'électroacoustique — site web

dsra
document & art contemporain

3e cycle — avec l'ÉESI Poitiers-Angoulême — site web