Galerie La BoxProgrammationProgrammation 2020-2021Sucre de l'est
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galerie La Box

Exposition visible, sous format virtuel, à partir du jeudi 19 novembre 
sur ensa-bourges.fr 

Chris Marker, capture du film "The battle for the 10 million", 1970

Sucre de l'est

Exposition en ligne

Avec Ludovic Bernhardt, Luz Blanco, Graciela Carnevale, Honoré Daumier, Samuel Ferretto, Fokus Grupa, Thibaut Gauthier, Kyo-Hyun Kim, Hanna Kokolo, Matteo Locci, Mariana Lombard, Olivier Marbœuf, Chris Marker, Ilona Németh, Anna Ponchon.

Commissariat Ferenc Gróf

En raison de la situation actuelle, la galerie La Box est fermée au public.
Toutefois l'exposition Sucre de l'est est visible sous format virtuel.

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Sucrée mais amère, c'est ainsi que l'on pourrait qualifier l'histoire d'une industrie qui a alimenté la mondialisation depuis l’époque du commerce triangulaire atlantique, en passant par le Blocus continental de l'ère napoléonienne, jusqu'aux guerres néolibérales actuelles.

L'exposition collective Sucre de l'est à La Box tente d’esquisser un panorama kaléidoscopique et hybride à partir de plantations de canne à sucre sur d’anciennes îles sucrières, d'usines en ruine dans des zones dites post-socialistes, de champs de monocultures boostées, de piquets de grève et de ziggourats de cubes de sucre. La bataille menée par l’exploitation de la betterave occidentale contre celle de la canne à sucre des colonies, représentée par Honoré Daumier en 1838 dans les pages du magazine satirique Le Charivari, constitue le point de départ de cette recherche s’étendant sur plusieurs siècles. Les œuvres de l'exposition remettent en question les discordantes contentions de l'impérialisme, le "laissez faire"  des majestueux, l'idéologie qui se cache derrière le commerce de la sueur du sucre.

Cette exposition est le fruit d’une collaboration internationale au sein du projet Eastern Sugar, initié par l’artiste Ilona Németh et co-financé par Europe Créative.

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Ludovic Bernhardt 

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Le jeu du chaos, 2020
, impression sur papier, table en contreplaqué,
lumières, 110 x 110 x 45 cm, courtesy de l'artiste.


L’œuvre Chaos Game est une table-jeu de plateau chaotique (qui ne se joue pas) sur la révolution haïtienne de 1791-1804. En tant qu'île sucrière, Saint-Domingue / Haïti a été au XVIIIe siècle un des premiers producteur mondial de canne à sucre. A cette époque elle est devenue la principale destination de la traite des noirs organisée par l’Empire colonial français. Ce que l’on nomme les îles à sucre furent principalement des lieux de production permettant aux colons un contrôle presque total des esclaves par les caractéristiques géographiques insulaires. La révolution haïtienne de 1791-1804 fut la première révolte d'esclaves réussie à l’orée du monde moderne aboutissant à la création d’une république (Haïti). Dans l’œuvre Chaos Game la révolte des esclaves producteurs de sucre est signifiée dans une expérimentation ludo-cartographique : cette œuvre se base sur une perturbation des codes graphiques et géographiques comme une « chaos-cartographie » pour un jeu de plateau stratégique en devenir. Les événements, contextes, esclaves qui ont créé cette révolution y sont représentés sous forme d’icônes, textes et pions. Ce jeu-installation chaotique évoque un monde en ébullition, un événement politique unique dans l’histoire, mais aussi une distance manipulatrice du jeu comme manipulation du monde à échelle réduite. L’installation sera prochainement adaptée pour devenir un jeu de plateau avec règles et joueurs.  

Ludovic Bernhardt (1975, Saint-Germain-en-Laye, France) est artiste et écrivain, diplômé du Studio National d’art contemporain Le Fresnoy et de l'École Duperré. Il vit et travaille actuellement à Paris, après avoir résidé six ans à Istanbul. À travers l’installation et la littérature expérimentale il interroge certains "symptômes" du présent en déconstruisant un ensemble de cartographies basées sur la manipulation de signes politiques. Son travail est représenté par la galerie Sanatorium à Istanbul. Il a participé à plusieurs expositions et art fair en France, Turquie, Autriche, Pologne, Inde, Suisse, Portugal, Chine et Grèce, et a été co-curateur des expositions Hyphologie and Fragments Of A Hologram Rose à Istanbul. Il a collaboré de nombreuses fois avec l'espace artistique Plateforme à Paris. Son dernier livre Work bitch a été édité par les éditions Jou. Son prochain livre Réacteur 3 (Fukushima) sera édité début 2021 aux éditions Lanskine.

 Luz Blanco 

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Landscape, 2020
, 70 x 55 cm, impression sur soie, courtesy de l'artiste.

Landscape est formé de deux pièces de soie imprimées, superposées : deux images d'archives issues de l'exploitation du sucre de canne, l’esclavagisme et la spéculation boursière en référence à l'ingérence américaine sur Cuba dans la première moitié du XXe siècle. L'une d'elle, en se superposant à l'autre, en cache une partie. En soulevant le voile on découvre que cette partie est totalement blanche : absence, effacement, disparition… le document est tronqué. Dans la partie visible, on a peine à entrevoir la présence des ouvrières agricoles qui se fondent comme camouflées dans le paysage. Les deux images dialoguent avec l'effacement des mémoires menant une réflexion sur la notion d'archive : elles mettent en visibilité un effacement de la force de travail invisibilisée par la puissance spéculative représentée par l'image du dessus - un détail de bon pour action en bourse sur le sucre de canne - qui efface l'image du dessous tel un agent producteur d'amnésie, producteur de zones blanches qui apparaissent comme irrémédiablement condamnée par l'histoire. Un paysage arasé. La soie, extrêmement fine et délicate, est métaphore de la fragilité de la condition de visibilité et de mémoire.

Luz Blanco (1973, Paris, France) est une artiste française, diplômée de l'École Supérieure des Arts Appliqués Duperré, vivant et travaillant à Paris. Elle a vécu de nombreuses années à l'étranger, particulièrement à Istanbul et Lisbonne, et expose régulièrement à l’international. Ses œuvres, dessins, photographies et installations, explorent la possibilité d’un dialogue entre effacement, mémoire et oubli. Ses travaux nous plongent dans une sorte d’archéologie de la mémoire. Ses images sont hantées par leur disparition de la même manière qu’une mémoire historique ou personnelle est intrinsèquement fragile... Son but : retracer leurs vestiges pour éviter qu’elles ne s’envolent définitivement, tout en admettant que ce ne sont que des traces.

Graciela Carnevale 

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Tucumán Arde, 1968 / 2020
, Affiches et photographies d’archive, 450 x 360 cm, une sélection d’archives de Graciela Carnevale
sur le site archivosenuso.org, courtesy de l’artiste.


La décision du gouvernement militaire de fermer les raffineries de sucre de Tucumán en 1968 plongea la population dans la pauvreté et la famine. Vanguard Artist's Group, un groupe d’artistes et d’intellectuels dont faisaient partie María Teresa Gramuglio, Nicolás Rosa, Juan Pablo Renzi, León Ferrari, Roberto Jacoby, Norberto Puzzolo et Graciela Carnevale, entre autres, mit au point le projet Tucumán Arde pour la CGTA (Confederación General del Trabajo de los Argentinos, Confédération générale des travailleurs argentins). Il s’agissait d’une intervention de communication de masse générant un circuit de contre-information au sujet de la situation à Tucumán, opposée à celle de la dictature argentine, alors même que les partis politiques, les politiques éducatives et les médias faisaient l'objet d’un contrôle et d'une censure stricts de la part du gouvernement. Dans le cadre de la Première Biennale d’art avant-gardiste (1ª Bienal de Arte de Vanguardia) en 1968, le groupe mit au point des actions isolées, constituant une campagne globale qui passa inaperçue jusqu’à sa manifestation finale : des autocollants « Tucumán » furent collés dans toute la ville, des graffitis et autocollants Tucumán Arde (Tucumán brûle) apparurent partout dans la ville, comme une campagne politique. Au même moment, certains artistes se rendaient à Tucumán pour étudier et documenter les conditions des travailleurs. Ces documents furent inclus à l’exposition, visitée par 3 000 personnes. (Source : arte-util.org) Pour  Sucre de l’est  à La Box, Graciela Carnevale a travaillé avec le commissaire d’exposition à une installation murale éphémère basée sur ses archives tirées du site archivosenuso.org

Graciela Carnevale (1942, Marcos Juárez, Argentine) vit et travaille à Rosario, Argentine. Elle est sortie diplômée de l’École des Beaux-Arts de l’Université nationale de Rosario en 1964 et y a été professeur de 1985 à 2009. En 1965, elle commence à travailler avec le Grupo de Arte de Vanguardia de Rosario (GVR), un groupe qui a radicalement métamorphosé la scène artistique locale. Avec ces jeunes artistes, Carnevale participe à plusieurs expositions, notamment : Rosario 67, Primary Structures II., OPNI et El Arte por el Aire. Le groupe crée Ciclo de Arte Experimental, une série d’expositions organisées toutes les deux semaines de mai à octobre 1968. Dans ce cadre, Carnevale organise Acción del encierro (Action d’enfermement), une opération au cours de laquelle les personnes venues assister au vernissage de l’exposition sont enfermées dans la galerie pendant plus d’une heure. Pour échapper à l’œuvre d’art, ils n’ont pas d’autre choix que de briser les vitres des fenêtres de la galerie. À nouveau en 1968, Carnevale et le GVR, avec des artistes de Buenos Aires, organisent Tucumán arde. En 1969 le GVR est dissout. Carnevale recommence à produire des œuvres en 1994, lorsqu’elle rejoint le Grupo Patrimonio. Depuis 2003, elle a organisé avec l’artiste Mauro Machado l’espace alternatif El Levante et participé à plusieurs expositions, notamment Radical Women : Latin American Art, 1960-1985, Musée Hammer Los Angeles ; Musée de Brooklyn, New York ; Pinacoteca, São Paulo, 2017-2018 ou Documenta, Cassel, 2007. 

 

Honoré Daumier 

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Je ne te dirai pas vas te faire ... sucre ! Je te dirai vas te faire cuire !, 8 september 1839

Maître... moi pouvoir plus travailler ti canne !... pendant que li français manger li sucre de li Betterave, moi avoir engraissi, moi pouvoir plus bougis du tout. 

Ceci vous représente un grand combat qu'on peut croire commandé par le Général Croque Betterave ! Qui n'entrera pas au Musée Historique de Versailles et qui doit servir de pendant à la Bataille de Canne. 

Lithographie originale et reproductions numériques, 100 x 70 cm

Honoré Daumier (1808-1879) est un graveur, caricaturiste, peintre et sculpteur français, dont les œuvres commentaient la vie sociale et politique en France au XIXe siècle. Dessinateur prolifique, auteur de plus de quatre mille lithographies, il est surtout connu pour ses caricatures. 

La série présentée à la Box a été publiée sur les pages du Charivari en 1839. En arrière plan, les pages du Code Noir (édition 1724) se fondent dans le rouge du sceau de la Bibliothèque Impériale pour contextualiser le racisme vulgaire de cette série. 

 

Samuel Ferretto

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Feitos de Açucar, 2020
, prospectus A5 plié, bioplastique et lettres en sucre, courtesy de l'artiste.

Feitos de Açucar parle de la transformation du sucre, et de la manière dont il est devenu une ressource essentielle au Brésil. L’observation de la métamorphose du sucre en bioéthanol permet de faire émerger plusieurs questions politiques, économiques et écologiques. 

Samuel Ferretto (1995, Paris, France) est diplômé de l’école d’art Duperré, et est encore étudiant à l’ENSA Bourges. Il travaille sur la transmutation de la peinture, et explore les nombreuses expérimentations de ce processus. Sa peinture aborde le thème de la sérendipité, tout en mêlant « cuisine » et « science ». Ses œuvres ont notamment participé à des expositions telles que le Salon Réalités Nouvelles (Parc Floral de Paris, 2018), Format de poche (galerie Abstract project, Paris, 2018) et Solitude Sidérale (Galerie Poteaux d’angle, Bourges, 2020).

 

Ferenc Gróf

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From plants to plantations, from plantations to plants, 2020
Impression numérique, dimension variable,
courtesy de l'artiste

En alternative à une déclaration curatoriale, la recherche autour de l'exposition Sucre de l'est a débuté par une mappemonde. Une carte de deux plantes, la canne à sucre et la betterave à sucrière, sur leur rôle dans l'histoire de l'esclavage et l'héritage de l'économie des plantations. Le diagramme suit la fluctuation des prix du sucre depuis le XVIIe siècle, mettant en évidence les moments essentiels de l'histoire de l'industrie sucrière et les points clés de cette exposition.


Fokus Grupa

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Vedutas from the palace of the Privileged Company of Trieste and Rijeka, 2020

papier peint, 225 x 380 cm, 
courtesy des artistes

Dans la plus ancienne usine sucrière austro-hongroise, qui avait ouvert ses portes au milieu du XVIIIe siècle à Rijeka, une série de paysages « idéalisés » peinte par des artistes inconnus, inclut des portraits d’esclaves. Ces peintures, appelées vedute ideate, constituent une rare représentation du travail des esclaves racialisés dans l’Empire austro-hongrois, montrant le travail invisible qui a rendu possible la production industrielle de sucre et qui a rendu visible la relation de l’Empire austro-hongrois, et de la ville portuaire périphérique de Rijeka, avec la circulation des capitaux à l’échelle mondiale et l’histoire du colonialisme. En s’appuyant sur l’ouvrage publié récemment par Catherine Baker, Race and the Yugoslav Region, Postsocialist, Post-conflict, Postcolonial?, Fokus Grupa s’est intéressé à l’absence d’évaluation critique de la représentation de l’esclavage alors que perdure l’amertume liée à la racialisation entre les groupes ethniques, en lien avec l’Europe-même, où les habitants de l’ex-Yougoslavie sont eux-mêmes racialisés comme les « autres » Européens. 

Avec la reconversion de ce bâtiment industriel dans le cadre du projet Capitale européenne de la culture, Rijeka 2020 – Port de diversité, les vedute ideate seront exposées au public lors de l’exposition du Musée de la ville de Rijeka. Mais on ignore si le musée reconnaîtra le colonialisme comme une composante de l'industrialisation et du développement de Rijeka.

L’article présenté dans l’exposition a été écrit à l’origine pour le numéro 10.1 du Journal ArtMargins, publié par MIT Press. Auteurs de l’article : Fokus Grupa auteur des photographies : Ivan Vranjić.

Fokus Grupa (2012, Rijeka, Croatie) - Lors de leur création en 2012, le duo d’artistes s’est approprié le nom générique d’une méthode de recherche : Fokus Grupa. Construit alors comme un auteur fictif s’attribuant le mérite et la responsabilité des œuvres du binôme d’artistes, il se considère à la fois comme manipulateur et manipulé dans un contexte artistique et social large. Le duo produit principalement des installations et met en lumière les relations de pouvoir au sein du système artistique, économique et social s'intéressant plus particulièrement au rôle que joue l’art dans ces relations. Leur travail s’étend aux disciplines voisines et emprunte au design, à l’architecture, au commissariat d'exposition ainsi qu'à la littérature, et se nourrit de ces domaines. Fokus Grupa est parfois amené à travailler avec des collaborateurs, qu'ils soient experts d’une discipline spécifique ou d’un sujet spécifique. En 2008, ils ont co-fondé un collectif auto-organisé, Kružok (groupe dédié aux discussions et à la production d’événements discursifs), actif par intermittence jusqu’en 2015. Ils ont participé au travail de l’Autonomous Cultural Centre Medika à Zagreb, et co-fondé l’espace collectif géré par les artistes Delta 5 à Rijeka en 2013. Fokus Grupa est membre de l’espace d’artistes auto-géré SIZ, où ils coorganisent régulièrement des expositions d’artistes régionaux et internationaux depuis 2012. 
https://fokusgrupa.net/

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http://www.easternsugar.eu/project/partners
http://www.easternsugar.eu/exhibitions


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La Box bénéficie du soutien du Ministère de la Culture, de la Direction régionale des affaires culturelles du Centre-Val de Loire, du Conseil régional du Centre-Val de Loire et de la Communauté d’agglomération Bourges Plus.

RadioRadio

Une radio temporaire de création fabriquée par des étudiant(e)s de l’Ensa Bourges
en FM : 105.1 à Bourges
et sur le web

Atelier sonore d’esthétique

Créé en 2005, l’Atelier sonore d’esthétique, est un séminaire de recherche esthétique en création sonore expérimentale — site web

Arts et créations sonores

Post-diplôme en partenariat avec le Conservatoire de musique et de danse de Bourges — d'électroacoustique — site web

dsra
document & art contemporain

3e cycle — avec l'ÉESI Poitiers-Angoulême — site web